quel tirage, prix, compromis ?

 

 

Les oeuvres reproductibles (appelées multiples) signées doivent l’être en quantités limitées ; elles ont un numéro d’exemplaire au sein du tirage, par exemple : 6/20.

Pour l’artiste comme pour le collectionneur, une gestion modérée et honnête s’impose de ce nombre d’exemplaires, qui caractérise l’oeuvre multiple. Or prudence : il y a des dérives...

 

où voir cette Composition de Piet Mondrian ?
(courtoisie Holtzman-Trust) .... clic=zoom
 

 

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Ces avis sont à caractère général ; le marché haut de gamme y est exclu ; le lecteur doit lui-même actualiser et relativiser.

 

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clés : tirages ou nombre d’exemplaires d’un multiple gravure litho lithographie sérigraphie ; tirage oeuvres reproduites

 

un vrai problème contemporain

Si vous trouvez cet article long, ne retenez que ceci : tirer une oeuvre au-delà de 100 exemplaires n’est pas raisonnable, on sort de l’art pour entrer dans le "collector"...

Certains avancent que la duplication non contrôlée est un concept "moderne" bien accepté par les jeunes : oui si la baisse des prix suit en proportion, ce qui n’est pas du tout le cas en art. Cette dérive s’inscrit dans un marketing qui fait passer un gadget pour un "collector" ; ce marketing sert le vendeur, rarement l’acheteur...

 

D’abord rappelons ces règles de bon sens :
> ceux qui ne résistent pas à faire de grands tirages, s’imaginant vendre plus, oublient que les ventes ne dépendent pas du nombre d’exemplaires mais du nombre d’acheteurs !
> inversement, plus le tirage est faible, plus la valeur unitaire est grande car l’oeuvre d’un bon artiste ayant des chances de s’épuiser, sa cote augmentera par rareté.

 

C’est un problème contemporain car il n’y a ne serait-ce que 50 ans plus tôt, les tirages étaient techniquement et éthiquement limités. Actuellement le commerce d’art pousse à la consommation et les médias modernes sont affectés par la parfaite reproductibilité des oeuvres numériques ; cela freine souvent le collectionneur.

Le danger informatique est de faire passer pour un tirage limité un print informatique, car il n’y a aucune limite de reproduction ; un tirage de bonne qualité peut être réalisé par l’artiste comme par un pirate, à grande échelle, au coin de la rue ou pas cher en Chine par envoi par internet ; cette question est nouvelle puisqu’un moule, une plaque d’estampe ou un négatif photo ne peuvent être reproduits aussi facilement par le grand public.

 

combien d’exemplaires pouvez-vous accepter ?

Il vous faut donc nuancer selon les techniques :

> pour les oeuvres sur papier en général (lithographies, sérigraphies, prints...) la reproduction monte jusqu’à 30 voire 300 exemplaires selon la fantaisie, l’ambition de l’artiste, la technologie ou l’époque (les tirages anciens sont bien plus limités que les récents) ; nous, nous n’achetons pas au-delà de 10

> pour les vidéos, les prints et certaines oeuvres numériques, le nombre d’exemplaires est difficile à contrôler puisqu’ils reposent sur des fichiers informatiques : soyez encore plus rigoureux que pour les autres, n’achetez pas à prix élevé si ce n’est pas l’artiste lui-même qui détient les fichiers masters et qu’il ait signé et numéroté l’exemplaire ET le tirage lui-même

> pour les photos numériques, on rejoint le cas ci-dessus avec, en plus, une véritable dérive de certains marchands qui amplifient les tirages en les déclinant dans plusieurs formats ; normalement un artiste créer une oeuvre dans un format bien déterminé, ne laissant pas l’éditeur les décliner à sa guise...

> pour les photos argentiques le débat se situe plus entre retirages versus tirage d’origine car la reproduction n’est pas aisée, c’est pourquoi des collectionneurs préfèrent les vintages moins élevés en nombre et difficiles à détourner : voir cet exemple

> pour les sculptures la technique conditionne la reproduction, par exemple 8 pour un bronzes, 100 pour un plastique... ; la destruction de l’original (du plâtre ou du moule) peut en garantir l’authenticité, mais qui va vérifier ? Il vous faut aussi distinguer les fontes d’origine faites sous contrôle de l’artiste de celles faites après son décès, qu’on appelle fontes d’édition, qui d’ailleurs peuvent être de bonne qualité si elles émanent des moules d’origine (qui donc n’avait pas été détruits !), mais elles doivent être moins chères.
Enfin, les oeuvres les plus prisées portent une double signature : celle de l’artiste et celle du fondeur (ou au moins son poinçon ou son estampille pour un imprimeur) ; très difficile de faire un faux avec certificat dans ces conditions.

 

Distinguez le droit et la pratique :

La liste suivante défnit les limites juridiques européennes du tirage des originaux multiples. Une oeuvre est dite "originale" si l’artiste l’a créée spécifiquement pour le média qui supporte ses tirages ; une litho qui reproduit un tableau n’a rien d’un original, même signée, c’est une "reproduction".

Il y a confusion sur le terme juridique "original" et son utilisation par les professionnels ; la Chambre Syndicale de l’Estampe s’accomode d’une définition qui ne limite pas le nombre d’épreuves mais se concentre sur la façon dont est conçue l’oeuvre (voir cette Charte). Nous ne pouvons être d’accord de mettre au même niveau d’originalité une épreuve venant d’un tirage inférieur ou supérieur à 12 (20, 50, pourquoi pas 100 ou 300, c’est courant...), mais approuvons tout à fait le rappel que fait la Chambre des risques et mauvaises pratiques, que nous dénonçons aussi en vous en informant.

 

tirage maxi original technique ou médium remarques
1 peinture, dessin, aquarelle... -
1 céramique peinte, laque... -
8 + 4 EA estampe de toutes techniques EA = épreuve d’artiste
1 sculpture brute, taille directe bois, fer, terre, béton...
8 + 4 EA sculpture en moule,
fonte, moulage...
métaux, plastique...
8 + 4 EA émail peint... -
30 photo argentique le négatif ne compte pas ; retirages inclus
8 + 4 EA "print" informatique -
8 + 4 EA vidéo sur DVD, photo ou création numérique printée coffret signé + certificat

 

Vous pouvez faire une "copie privée" d’une oeuvre si vous en avez les moyens techniques ou sachez la sous-traiter, mais si vous la vendez sans l’autorisation de l’artiste c’est un faux !

 

l’influence du comportement de l’artiste

  La manière dont l’artiste aborde la question du tirage, son éthique, conditionnent la valeur de son oeuvre multiple. Pour illustrer, prenons ces deux monstres de l’art, tout aussi productifs mais qui se sont commercialement comportés de manière diamétralement opposée :
retirage en 2004 et 1500 ex. du célèbre livre d’artiste Jazz de Matisse, produit par Anthese, réalisé par Idem qui a repris les anciens ateliers de Mourlot et qui a fait une étude approfondie pour retrouver les couleurs de l’original ; ce livre a une valeur surtout liée à la célèbrité de l’original et à la qualité exceptionnellel du résultat

> Pablo Picasso a produit des lithographies de qualité exceptionnelle en collaboration étroite avec l’éditeur Fernand Mourlot, en 50 exemplaires numérotés, signés et annotés par l’éditeur ; l’artiste y a accordé une grande attention, exigeant une dizaines d’épreuves avant le résultat final ; que de telles pièces aient été estimées de 10 à 30’000 € dans une vente en 2003 est normal ; Matisse a eu la même démarche avec son livre "Jazz", très coté

> Salavador Dali lui, d’un geste provocateur délibéré mais pas dénué d’intérêt, a carrément signé des dizaines (au moins) de feuilles blanches avant que son éditeur ne les passe sous presse, donc sans réel contrôle de l’artiste ; l’éditeur avance l’impossibilité de retenir le maître sur place pour les signer après contrôle ; qu’importe : le mal est fait et la rumeur de faux courre encore... Alors acheter des lithos de Dali même signées devient une imprudence.

 

Pourquoi l’artiste fait-il des multiples ?

Pour d’excellentes ou mauvaises raisons, à vous de juger :

> faire de l’argent ; ce qui se remarque à une grande production peu novatrice
> diffuser son art à d’autres couches sociales ou atteindre de jeunes amateurs ; des galeries font la promotion de ces multiples de qualité produits spécifiquement par des artistes parfois connus
> participer à une action sociale (décoration d’un hopital...), carritative (aider une ONG en lui reversant les gains) ou promotionnelle
> illustrer un livre, créer un livre d’artiste, pour participer à une oeuvre collaborative
> expérimenter différents médias, différentes techniques et y donner le meilleur de son art ; cela se remarque par des oeuvres très étudiées, particulières, où le style de l’artiste évolue. Les multiples issus de cette démarche peuvent avoir une grande valeur ; par exemple Soulage a eu une très faible production de lithographies, mais ce sont des oeuvres créées pour ce medium ; la Grande Bibliothèque de France les a rassemblées en une exceptionnelle exposition en 2004

 

 

 quelques risques : 

 Les mauvaises pratiques sont rares, mais...

> retirage : si une estampe, une photo ou une sculpture se voit demandée après épuisement du tirage d’origine, la tentation est forte de continuer, ce qui est anormal car la planche, le moule ou la plaque d’origine devrait être détruite ; les "oeuvres" ainsi reproduites sont de faible valeur, même si elles sont belles à voir, mais nuancez votre raisonnement :
 - si le prix est raisonnable et que vous êtes conscient de ce qui se passe, rien à dire ; exemple : une belle copie en bronze d’un merle de Claude Lhoste signé se trouve aux Musées Nationaux pour 100 €, prix acceptable car les originaux valent 100 fois plus
 - si une photo originale (normalement limitée en nombre ET format) vous est proposée à Nx100 exemplaires dans N formats différents, ce n’est acceptable qu’à deux conditions réunies : 1° un prix très bas (environ 100 €), 2° l’artiste la signée ; sinon c’est malhonnête
 - si vous êtes tenté par une gravure d’un artiste décédé, veillez à ce que les ayant-droits n’aient pas exploité le filon en repoussant la limite du tirage en partant de la gravure d’origine encore existante ; cela se voit par la signature de l’artiste qui n’est pas sur le tirage mais sur la plaque, donc reproduite.

 

un peu de vocabulaire :

 - dans ce dernier cas et bien que la propriété soit légitime, ce ne sont en aucun cas des originaux mais des copies tardives
 -
si la copie n’est pas faite sur le master original, l’affaire est claire : c’est une "reproduction" de peu de valeur
 - si en plus l’artiste ou ses ayant-droits n’ont pas donné leur aval, c’est un faux
 - sauf si l’oeuvre est tombée dans le domaine public ; alors vous pouvez même en faire des objets-dérivés (tee-shirt Monet, quelle classe...)

 
cette Nana inspirée de celles de Nikki de Saint-Phalle est plutôt gonflée !
Ce n’est pas un faux, mais un "objet dérivé" pour le grand public ; ce n’est pas non plus une bouée pour faire clapoter les enfants, l’objet vaut de tout de même... env. 100 € (et est livré sans l’air dedans ) !
 

> des abus peuvent provenir de l’artiste même ou de proches : Dali, le bien surnommé "Avidadollars", a laissé reproduire des bronzes sans contrôle mais pas sans revenus, Wahrol a fait imprimer des milliers de sérigraphies par ses assistants de la Factory (si bien nommée), Picasso faisait des épreuves non signées car lui ne les considérait pas comme oeuvres mais des études, néanmoins certaines ont été mises sur le marché (fonds d’ateliers, etc)

> les éditions d’origines sont légitimes, car elles partent de moules d’origine AVEC l’autorisation de l’artiste (ou d’une cession de ses droit) ; c’est le cas d’ateliers ayant travaillé pour lui et dont l’estampille a été agrée par lui ou ses ayant-droits ; elles doivent être estampillées ou recevoir un poinçon qu’il vous faut savoir reconnaître, et comporter la marque du tirage ; elles ne sont évidemment pas signées ; c’est le cas pour les céramiques de Picasso, les bijoux de Braque, les lampes Daume...

 

> il n’y a pas de "retirage original", même en photo ; il peut y avoit un "retirage posthume original" : pour un bronze il sera fait à partir du plâtre original (et non pas d’un autre bronze), AVEC l’accord de l’artiste ou de ses descendants, toujours dans la limite de 8 + 4 exemplaires

> les bénéficiaires peuvent légitimement exploiter une marque déposée par l’artiste ; exemple : le fameux bleu d’Yves Klein, qu’on retrouve dans des objets dérivées postérieurs à l’artiste qui, évidemment, ne doivent pas être confondues ne serait-ce que de loin avec ses oeuvres d’art

> autre astuce pour monter le prix : le tirage spécial limité de l’oeuvre, placée dans un écrin spécifique ; le procédé est habituel en littérature mais il ne vise pas à multiplier des originaux (la notion n’existe pas)

 

 
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nos conseils pratiques :

 

Le coeur est à gauche mais le porte-monnaie à droite ; alors ayez quelques réflexes :

 > vérifiez le marquage de l’oeuvre :
 - un original doit comporter la signature de l’artiste, la date, son numéro au sein du tirage : 4/8 par exemple, ou pour une épreuve d’artiste : 3/4 EA (et non pas seulement EA comme nombre d’artistes font)
 - une copie aussi doit être signée, comporter ces mêmes numéros mais moins limités en tirage maximum, et si possible datée
 - dans certains cas où la technique demande des compétences exceptionnelles (tapisserie, fonte...) il est préférable que l’atelier soit mentionné et que son estampille ou poinçon y figure ; s’il est célèbre, c’est un "plus"
 - il arrive qu’une reproduction en nombre par une technique automatisée (affiche en offset...) soit signée par l’artiste, par amitié, pour une oeuvre sociale ; une telle "oeuvre" aura une petite survaleur
 - obtenez un certificat donnant l’origine et la date du tirage

> donnez plus de valeurs aux oeuvres faites par des procédés impliquant de la main d’oeuvre que ceux techniquement faciles et moins chers

> préférez les tirages respectant la définition juridique du terme "original" ; bien que contestée, cette définition impose une limite basse ; si le tirage dépasse, veillez à ce qu’il soit faible (jamais plus de 100)

> ne pas payer cher une photo numérique, sauf en faible tirage et avec garantie écrite ; ce marché de mode est très largement surcoté, mais vous pouvez trouver des exceptions ; tenez compte tout de même que le prix de façonnage est élevé : un Diasec de 40x60 monté sur alu coûte plus de 500 € HT de réalisation !

> la qualité de l’oeuvre tirée dépend de l’outil d’impression ou de façonnage, comme de la qualité du support (voir les déclinaisons des papiers Arches !), qui doivent avoir été vérifiées et approuvées par l’artiste

> pour les vidéos sur DVD : un moyen tirage non signé devrait être vendu environ le double du prix d’un DVD cinéma (qui lui est à grand tirage) ; pour être une oeuvre originale la copie DVD (car l’artiste conserve le master) doit être limitée selon la liste (ci-avant), proposée en coffret avec une documentation et un certificat numéroté signé de l’artiste ; le prix alors est libre

> sachez ce que vous voulez, de l’art ou du "collector" ?

> l’achat est aussi une question de confiance : préférez un vendeur connu, la présence d’un certificat d’authenticité ou, au minimum, de vente, ne payez pas en liquide et soyez extrêmement prudent avec les ventes en ligne publique, sans professionnel de l’art derrière, sans autre intermédiaire que le fournisseur de données sur internet (surtout situé hors de la juridiction française).

 

et pour les multiples chers 

> veillez à un tirage limité selon la définition juridique de l’original
> assurez-vous que la plaque métallique d’une gravure, le moule d’une sculpture, etc, soient détruits (assurance bien difficile à obtenir...)
> faites signer par le vendeur un certificat portant : auteur, titre, date, origine, numéro du tirage, tirage, dimensions exactes, nom de l’atelier de reproduction, date de la vente
> pour un multiple rare, obtenez aussi son histoire : expositions faites, précédentes ventes, précédents possesseurs, anecdotes qui y sont liées
> demandez de voir le catalogue raisonné sinon le catalogue d’une exposition ou une revue la mentionnant.

 

C’est pour ces raisons difficiles à concrétiser que les grands collectionneurs font confiance à un marchand d’art dont la "signature" est reconnue ; si vous n’avez pas une telle relation, n’achetez pas une oeuvre importante sans obtenir ces éléments sinon faites très fortement baisser le prix afin de compenser cette prise de risque : à vous de juger

 

En définitive, ces considérations ne doivent pas plomber votre envie d’art, qui doit rester dans le monde du rêve !

 

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des services personnalisés pour les artistes et pour les collectionneurs !

 

(Gilles Fuchs, collectionneur)
un pays qui ne soutient pas ses artistes est un pays qui meurt

 

(Jean-Pierre Luauté, psychiatre)
la recherche frénétique de l’objet peut conduire à son entassement et le goût de l’ordre se muer en une obsession du classement

 

(Louis Pons, artiste)
j’ai encore craché un tableau comme un noyau !

 

(Paul-Louis Courier de Méré, pamphlétaire, 1772-1825)
ce que l’Etat encourage languit, ce qu’il protège meurt

 

(Fabrice Hergott, historien de l’art)
ce qui compte dans l’art, c’est l’esprit, pas le support

 

(Picasso, artiste)
J’ai tout raté, j’aurai dû être Van Gogh !

 

(Alain Finkelkraut, philosophe)
nous avons besoin d’oeuvres pour dire ce qu’il en est des choses et de nous-mêmes

 

(Miguel Chevalier, artiste)
l’art numérique, pour développer un univers qui n’a pas encore été mis en place

 

(Bernard Buffet)
la peinture, on n’en parle pas, on ne l’analyse pas, on la sent"

 

(Arman, artiste)
je suis un metteur en scène d’objets

 

(Erik Dietman, artiste)
dessiner est une manière de penser

 

(Victor Vasarely, artiste)
l’art est à la portée de tous, si on le montre

 

(Tony Oursler, artiste)
aujourd’hui le simulacre est aussi réel que le reste

 

Léon Bloy, écrivain, 1846-1917)
quand le Bourgeois, retiré des affaires, a marié sa dernière fille, il encourage les beaux-arts

 

(Alain Séchas, artiste)
des chats et des martiens, il y en a partout : c’est pour ça que je les dessine

 

(Thomas Hirsschorn, artiste)
dans l’art, l’impossible l’emporte sur le possible

 

(Honoré de Balzac, écrivain)
penser, c’est voir

 

(John Giorno, artiste)
chacun est une déception totale

 

(James Ensor, artiste)
je crois que comme peintre, je suis inclassable

 

(Pierre Soulages, artiste)
pour un peintre, les problèmes qui se posent ... naissent de l’oeuvre elle-même

 

(Gérard Fromanger, artiste)
si vous n’aimez pas l’art contemporain, n’en dégoûtez pas les autres

 

(Pierre et Gilles, artistes)
l’art signifie changer les moralités

 

(Henri Matisse, artiste)
Il est indispensable que l’artiste réduise sa vie au minimum

 

(Pablo Picasso, artiste)
tout ce qui peut être imaginé est réel

 

(Christian Lucas, comédien)
l’art est à l’opposé du dogmatisme (religieux)

 

(Thomas Hirsschorn, artiste)
l’art est aussi un mouvement de résistance

 

(Georges Brassens, poète)
trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées !

 

(Andrée Putman, designeuse)
les choses ne bougent que si l’on rêve

 

(Georges Pompidou, collectionneur, mécène)
l’art est l’épée de l’Archange, il faut qu’elle nous transperce

 

(Jean-Luc Monterosso, historien d’art, spécialiste de la photo)
la vidéo c’est comme la photo : une écriture de lumière

 

(Nietzsche, philosophe)
l’art, la beauté, c’est ce qui désespère et console

 

(Paul Klee, artiste)
l’art doit rendre visible l’invisible

 

(Boris Vian, écrivain)
"Je ne sais pas ce qui est beau mais je sais ce que j’aime et je trouve ça amplement suffisant"

 

(Martin Berthenod, conservateur)
dire que tout est bon dans l’art contemporain serait aussi bête et naïf que dire que tout y est mauvais

 

(Daniel Buren, artiste)
si le public pense que ceci n’est pas une oeuvre d’art (de moi), alors je peux même être d’accord

 

(Peter Knapp, peintre et photographe)
la peinture c’est comme le piano, il faut en faire tous les jours

 

(Jean-Luc Godard, cinéaste)
la culture c’est la règle, l’art c’est l’exception

 

(Tom Newman, artiste)
l’art contemporain est à notre époque ce qu’était le rock’n’roll aux années 60

 

(Serge Poliakoff, artiste)
100 Mona Lisa valent mieux qu’une Andy Warhol

 

(Marc et Josée Gensollen, collectionneurs)
Duchamp a changé notre regard, a consolidé notre conviction : c’est l’idée qui compte

 

(Pablo Picasso, artiste)
dans chaque enfant il y a un artiste, le problème est de savoir comment le rester en grandissant

 

(Pierre Reverdy, poète surréaliste)
on pourrait découvrir quelques rapports cachés entre l’art et la lâcheté, une certaine déviation d’avidités plus naturelles

 

(André Malraux, écrivain)
l’art est un anti-destin

 

(Friedrich Nietzsche, philosophe)
nous avons l’art afin de ne pas périr de la vérité

 

(Henri Matisse, artiste)
je crois en Dieu quand je travaille

 

(Jean-Marie Le Clèzio, écrivain)
on saura peut-être un jour qu’il n’y avait pas d’art, mais seulement de la médecine

 

(Gérard Garouste, artiste)
peindre est une pratique symbolique

 

(Mark Rothko, artiste)
comment peindre après l’holocauste et après Hiroshima ?

 

(André Parinaud, critique)
la nouveauté et l’imaginaire sont les valeurs même de l’expression artistique

 

(Salvador Dalí, artiste)
oh ! si je n’avais pas peur de peindre

 

(Joan Jonas, artiste)
je ne vois pas de différence majeure entre un poème, une sculpture, un film ou une danse

 

(Robert Rauschenberg, artiste)
un tableau se rapproche du monde réel s’il est réalisé avec des éléments de ce monde

 

(Alain Dominique Perrin, collectionneur)
je trouve que l’on a fabriqué en France, depuis Malraux, un clergé culturel

 

(Serge Poliakoff, artiste)
l’abstraction, c’est une espèce d’idéalisme de quelque chose qui n’existe pas

 

(Christian Lacroix, couturier)
quand j’achète de l’art je suis comme les chasseurs préhistoriques qui chassaient pour s’accaparer la force de l’autre

 

(Claude Viallat, artiste)
toute la peinture contemporaine est dans Lascaut

 

(Gérard Fromanger, artiste)
l’artiste est comme un sismographe, le pinceau étant l’aiguille de l’électrocardiogramme

 

(Asger Jorn, artiste)
l’art est une dépense d’énergie sans but précis

 

(Peter Knapp, artiste)
la peinture c’est comme le piano, il faut en faire tous les jours

 

(Barnett Newman, artiste)
le premier homme était artiste

 

(Francis Bacon, artiste)
l’art est devenu un jeu avec lequel l’homme se distinct

 

(Valerio Adami, artiste)
je vois que l’art est l’envie de toucher le divin

 

(Daniel Abadie, historien de l’art)
pour le spectateur le tableau reste un objet, pour le peintre il est le lieu d’une action

 

(Aurélie Nemours, artiste)
ce qui est avant la forme, c’est le rythme dont la vie est le secret

 

(Andy Warhol, artiste)
vous voulez tout savoir sur moi ? Regardez la surface de mes tableaux, il n’y a rien derrière

 

(Van Gogh, artiste)
jamais de jaune sans bleu ! (parlant de son art des couleurs complémentaires)

 

(Charles Dreyfus, artiste)
l’art se nique !

 

(Guy Marchand alias Nestor Burma, comédien)
à côté des marchands d’art, les marchands de canons ressemblent à des bouquetières

 

(Marcel Duchamp, artiste)
c’est le regardeur qui fait le tableau

 

(Pius Knüsel, directeur de Pro Helvetia)
un art crédible est un meilleur investissement qu’un art étatique

 

(Fernand Léger, artiste)
un peintre ne devrait pas chercher à reproduire une belle chose, mais faire en sorte que sa peinture soit une belle chose

 

(Jimmie Durham, artiste)
je n’ignore pas que certains pensent que l’art doit être pur, mais la pureté m’ennuie

 

(Alexia Fabre, historienne de l’art)
on est presque toujours vierge face à la création contemporaine

 

(John Armleder, artiste)
si je n ’avais pas fait ce que j’ai fait, quelqu’un d’autre l’aurait fait à ma place

 

(Richard Leydier, critique)
ce qui a mon sens a tué la peinture abstraite : le bavardage

 

(Henri Rousseau à Pablo Picasso, artistes)
nous sommes les deux plus grands peintres, moi dans le genre moderne, toi dans le genre aztèque

 

(Richard Hamilton, artiste)
pop art is : Popular (designed for mass audience),
Transient (short-term solution),
Expendable (easily forgotten),
Low cost, Mass produced,
Young (aimed at youth),
Witty, Sexy, Gimmicky, Glamorous,
Big business !


(Skki, graffitiste des rues)
l’art rend l’argent plus intelligent

 

(François Pinault, collectionneur, mécène)
vous ne possedez pas l’art, c’est l’art qui vous possède

(Karl Marx, humoriste sinistre)
l’art est un marteau pour construire la réalité

(Leonardo DiCaprio, acteur)
l’art contemporain m’est une source d’inspiration, car il est énigmatique et non dogmatique

 

(Thomas Hirsschorn, artiste)
l’art est un outil, un outil pour me confronter à la réalité

 

(Stephane Corréard, curateur)
il est vrai qu’on n’est pas diplômé de l’art, on le devient

 

(Claude Monet, artiste)
je dois peut-être aux fleurs d’avoir été peintre

 

(Max Jacob, écrivain)
l’art est un jeu, tant pis pour celui qui s’en fait un devoir

 

(Valerio Adami, artiste)
l’art est l’envie et le désir de toucher le divin

 

(John Armleder, artiste)
il n’y a pas de mission magique : si je n’avais pas fait ce que j’ai fait, quelqu’un d’autre l’aurait fait

 

(Pizzi Cannella, artiste)
la solitude est la condition de l’oeuvre

 

(Fabrice Hergott, historien de l’art)
l’art est devenu une des dernière valeur spirituelle de notre société

 

 

(Hector Obalk, critique)
beaucoup trop d’émissions TV parlent de l’art en supposant que vous soyez déjà convaincus

 

(Aurélie Nemours, artiste)
l’oeuvre contient cette discipline spirituelle que la langue serait bien en peine de définir

 



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