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Lors d’une exposition, vous allez parfois lire le cartel à côté de l’oeuvre : le titre qui y figure donne-t-il une indication utile à sa compréhension ?
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> et les techniques artistiques ? > il y a aussi un glossaire ! |
D’abord, certains artistes ne s’intéressent pas au titre, celui-ci n’étant qu’une habitude pratique ; alors un simple numéro suffit et l’oeuvre est affublée d’un bref "Sans Titre", comme par exemple :
un titre, oui... mieux, un nom ! |
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Pour d’autres artistes au contraire le titre fait partie intégrante de l’oeuvre ; donné avant ou dès son achèvement, comme un prénom est associé à un individu à sa naissance et y reste de manière intime, il peut même (selon certains) influencer son caractère.
Par exemple Antony Gormley, plus qu’un titre, nomme ses oeuvres "car le nom lui donne une dimension ... comme une clé avec laquelle la perception et la réflexion vont commencer" [interview Art Actuel 1086]. | ![]() Settlement, 2005 |
un complément esthétique | haut![]() |
Certains artistes jouent avec un titre sans que celui-ci ait un véritable rapport avec le contenu de l’oeuvre, notamment chez les abstraits ; ces artistes laissent volontairement au spectateur la libre interprêtation de ce qu’il voit et laissent chacun développer ses propres sensations devant l’oeuvre.
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C’est le cas d’Amaranth Ehrenhalt, une artiste du mouvement de l’abstraction lyrique (ou de l’expressionisme abstrait américain) : nommer ses oeuvres est un jeu d’esthétisme vocal qui correspond bien à l’état d’esprit, ou au lieu, ou à l’événement associé à l’oeuvre ; ainsi et bien qu’indirectement, il aide à la perception de l’oeuvre. clic=zoom ..... (courtesy Ehrenhalt) |
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Et puis il y a des poètes ou littérateurs en verve qui accompagnent leur création plastique d’une prose qui lui est inséparable, l’oeuvre étant l’ensemble des deux : > impossible ici d’éviter René Magritte dont les titres jouent avec les tableaux, comme la célèbre pipe annotée "ceci n’est pas une pipe" qu’il a commentée : "l’image n’est pas à confondre avec la chose représentée". Tout de même dans cet étrange "Modèle Rouge" | ![]() Modèle Rouge (courtesy DVerny) |
![]() | > Reconnaissons que Mike Nelson a raison de (parfois) proposer des titres assez longs pour commenter ses installations qui, comme si un film était privé de parole, resteraient d’autant plus incompréhensibles qu’elles se réfèrent à des oeuvres littéraires ; toutefois si vous ne connaissez pas le livre, vous resterez un peu sur votre faim... Voici un bel exemple de titre, mis par l’auteur en majuscules : "STUDIO APPARATUS FOR MAMCO – AN INTERMEDIATE STRUCTURE FOR A MUSEUM : INTRODUCTION ; BUILDING TRANSPLANT IN THREE SECTIONS ; TOWARDS A REVISITING OF FUTUROBJECTICS (AS VOODOO SHRINE) ; MYSTERIOUS ISLAND"exposition en 2005 au Mamco de Genève (courtesy Mike Nelson in Mamco) |
ça n’a pas d’importance... | haut![]() |

Mais certains ne se posent pas la question, utilisant les titres soit par habitude soit par simple désignation d’une évidence : l’image proposée n’a pas besoin d’explication.
Ainsi lorsque Sylvie Fleury nomme Razor Blade son énorme lamme de rasoir ou Ford Cosword DFV le clone en bronze chromé du moteur de cette voiture, cette dérision sympathique d’objets-cultes n’a pas besoin de titre pour nous faire sourire !
ou pire : on brouille les pistes ! |
![]() | L’immense Daniel Richter n’éclaire pas le sens de ses tableaux par ses titres quelque peu hiératiques ; par exemple ici le titre "Those who are here again" (ceux qui étaient déjà là) embrouille encore plus la compréhension, de sorte que le spectateur peut voir cette scène comme une fête ou au contraire comme un drame. Pour s’en convaincre, voir d’autres de ses oeuvres !
clic=zoomThose who are here again, 2002(courtesy Daniel Richter in Saatchi Gallery) |
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