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votre attitude en art contemporain ?

 
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ce n’est pas beau !

Longtemps l’esthétique a régenté l’art plastique, avec ses deux apostilles : la vérité du rendu et le labeur réalisé, d’où un immobilisme carcéral ; exemples : l’extrême conformité des sculptures des expositions universelles, le rejet par les salons officiels d’aventureux sortant des dogmes. Les canons d’il y a cent ans tournaient beaucoup autour du style grec classique et de celui de la renaissance. Ces valeurs sont-elles maintenant "dépassées" ?

 

Non ! Bien des artistes actuels recherchent la Beauté ; mais les critères ayant évolué, elle revêt diverses formes : rythmiques, gestuelles, structurelles, conceptuelles... : elle n’est pas toujours évidente au regardeur ! En tenant compte de l’ouverture de l’art actuel à toutes les sensibilités : géographiques, ethniques, sociales, la beauté ne se confine plus aux codes académiques nord-occidentaux. Ainsi une œuvre "pas belle" pour vous, peut l’être pour un autre.

 

 

 

D’autres artistes n’ont pas un objectif esthétique, mais celui d’attirer le regard sur des caractères de la société ou celui de tisser des liens entre disciplines, entre formes de l’art. Dans ces cas l’œuvre n’a pas à être "belle" : elle doit être significative.

Une œuvre "significative" implique une analyse pour la comprendre ; pour cela vous aurez besoin de trouver des explications car seul, vous ne pourrez pas facilement l’appréhender. C’est vrai, ce trait est un frein à la popularité de l’art contemporain.

 

 

je n’y comprends rien !

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Rassurez-vous, parfois nous non plus ! Nous aussi apprécions des explications lorsque nous pataugeons un peu, surtout si elles proviennent de l’artiste, car certains critiques en rajoutent.

 

    Première interrogation devant l’œuvre : est-elle intéressante ? Au lieu de zapper si elle n’interpelle pas immédiatement, posez-vous la question : a-t-elle quelque chose qui ne serait perceptible qu’au 2ème regard, ne vaudrait-elle la peine d’y passer 3-5 minutes ?
La seconde question est : que veut-elle signifier ? Quel est le message, le sentiment, la situation que veut introduire l’artiste ? Faute de sa présence, il est vrai qu’il vous faudra de l’opiniâtreté pour déchiffrer et chercher l’information ; comment faire ?

 

Où trouver des informations, des indications ? Premièrement, parcourez les grandes expositions pourvues de matériaux didactiques : panneaux, "petits journaux", fiches, films… ; achetez les journaux d’art (voir notre liste de la presse d’art) qui en parlent. Si un artiste vous rebute un peu, eh bien justement : allez voir son exposition ! Vous aurez vos explications pour moitié du prix d’une place de cinéma.
Entrez dans les galeries qui font l’effort de mettre à disposition un opuscule, un dossier de presse, un film, un presse-book.
Utilisez notre sélection de sites internet : c’est fou ce qu’on y trouve sur les styles, les tendances ; pour trouver un artiste passez par un moteur de recherche.
Et vous trouverez des formations d’initiation et d’approfondissement dans notre rubrique ad-hoc.


 

jusqu’aux modernes ça va, après…

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Félicitations ! Cela montre que vous n’êtes pas bloqué aux classiques et à l’avant XVIIIè siècle, où bien sûr tout était beau y compris la guerre. Et comme le passé éclaire l’avenir, que l’amour de l’un peut vous conduire à l’amour de l’autre, votre connaissance des modernes peut vous aider à progresser. Avec une remarque : ceux qui aiment la modernité l’intègrent dans l’histoire de l’art, ils aiment l’art en général, en incluant aussi les temps antiques ; mais l’inverse est plus rare...

 

 

Comment donc poursuivre ? Nous vous suggérons d’avancer progressivement, il n’y a aucune raison de vous brusquer : partez de l’époque où vous vous sentez encore juste à l’aise, où les oeuvres vous plaisent, tout simplement, et montez d’un cran ; consultez notre petite chronologie historique pour cela et servez-vous aussi de notre rubrique styles.

 

 

Exemple : vous aimez les impressionnistes, tolérez les cubistes, calez sur l’abstraction, fuyez les conceptuels (vous n’êtes pas malade, c’est fréquent !) : eh bien sautez leurs salles à Beaubourg, vous les verrez plus tard ; intéressez-vous d’abord aux abstraits en commençant par les plus anciens qui datent de… cent ans. Qui voir ? L’idéal serait une rétrospective : tous les abstraits précurseurs ont d’abord été des figuratifs : Kandinsky, Mondrian, Malevitch … Considérons ce dernier : il est revenu à une représentation figurative (aussi obligé par les soviets...) après avoir été le plus pur des abstraits en inventant le minimalisme (avec ses « carrés »), mais voyez cette deuxième phase figurative de son oeuvre : elle est d’une étonnante simplicité, fruit de sa période abstraite. Considérez aussi Nicolas de Staël qui est souvent passé de la figuration à l’abstraction et vice versa, sans que la différence apparaisse évidente : quelle leçon !

 

En résumé, la clé de votre progression sera l’assimilation, processus qui exige du temps et du travail, impliquant un effort : autre propriété freinant la diffusion de l’art contemporain...

 

 

j’aime bien mais pas chez moi

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Mais si vous aimez, pourquoi n’achetez-vous pas ? C’est la vraie question puisque l’acquisition est la concrétisation de votre sentiment. Examinons quelques raisons.

Vous n’êtes pas mûr, pas sûr de votre jugement, du bien fondé d’une première impulsion : attendez, progressez, ça viendra naturellement. Vous doutez du prix : revoyez alors vos idées du marché et des façons d’acheter ; et voyez ci-dessous.

Vous dites que vous n’êtes pas collectionneur ? Hum, ça, c’est peu crédible, c’est plutôt un prétexte ! Pour preuve : jetez-vous vos livres déjà lus ?
Le vrai amateur d’art ne reste pas passif, il a envie d’aller plus loin : s’abonner aux revues, acquérir ou offrir une petite oeuvre plutôt qu’un bibelot, pratiquer le dessin... Et l’amateur heureux montre sa passion à ses amis, son appartement n’en reste pas sans trace.

   
Mais ça n’ira pas chez moi ! En êtes-vous sûr ? Ouvrez ces revues de décoration sur d’étonnantes intégrations d’art et de design contemporains dans des environnements anciens : paradoxalement il y a enrichissement mutuel. Exemples : des sièges Louis XVI entourent avec élégance une table en verre, une cheminée de marbre début du XXè siècle joue avec un tableau abstrait...

Evidemment , il vous faut acquérir une vision d’ensemble et faire quelques sacrifices, notamment ces tapisseries à motifs qui tuent tout... A vous de jouer ce jeu, il est passionnant !

 

 

c’est souvent cher pour ce que c’est !

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Mais certains aiment que cela soit cher, si, si !
Plus sérieusement, que cela ne vous empêche pas de fréquenter les expositions ou de vous promener dans les galeries (voir expos) : votre plaisir sera éphémère, mais sera quand même. Deuxièmement il y a plusieurs façons d’acheter peu cher : voir acheter et tirages.

  Et lors d’un achat, ayez quelques réflexes :
> prenez du recul (en vous isolant du vendeur)
> prenez du temps (revenez plus tard)
> imaginez le prix maximum que vous consentiriez
> autre chose vous plairait-il autant, moins cher ?
> quelle est l’influence de la mode, du quartier, du vendeur, des amis ?
 

 

Quelques idées :
D’abord avoir en tête une échelle des prix.
Pour ce qui concerne le marché, nous observons une assez bonne cohérence des prix ; voici quelques fourchettes typiques approximatives pour des oeuvres de dimensions moyennes d’artistes accomplis mais pas (encore) célèbres :
> 2000 à 4000 € pour une toile ou pour un mixte
> 1000 à 2000 € pour une aquarelle ou pour une photo
> 300 à 1000 € pour une vidéo limitée à 30 exemplaires, signée
> 200 à 500 € pour une estampe reproduite à moins de 100 exemplaires
> 50 à 200 € pour une sérigraphie signée à 1000 exemplaires.
Tout cela dépend de l’époque, du quartier, du mode de vente, du parcours de l’artiste...
Si le prix est plus élevé, cherchez, demandez quelle en est la justification, il y en a probablement une ; à vous de juger si elle vous convainc ainsi que votre ministre des phynances, sinon zappez vous trouverez bien autre chose.

Bon, vous trouvez que c’est encore élevé ? Puis-je vous demander combien vous avez payé votre dernier bibelot de luxe industriel et non signé ?

 

 

c’est pas un peu bidon ?

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Ben… un peu, parfois ! Dans les années 90 notamment il y a eu quantité d’expérimentations, qui ont été volontiers gonflées commercialement alors qu’elles étaient loin d’aboutir : imaginez qu’un laboratoire de recherche médicale se mettait à vendre toute ses productions... Par ailleurs les artistes ont été un peu perdus, ces années-là : leurs prédécesseurs des seventies avaient déjà tout inventé, l’art dégringolait sur la même pente que l’économie... Depuis peu le courant s’est inversé vers la qualité, voire le classicisme avec le retour à la peinture et même à la figuration. A vous de faire le tri !

Et il y a de tout en art : des artistes expansifs, des modérés qui font trop confiance aux intermédiaires, des fâcheux qui pensent que les galeristes "profitent" d’eux (et qui du coup "n’existent" pas)… donc, il y a parmi eux de mauvais artistes visibles et d’excellents à découvrir ; comme il y a aussi mauvais ou bons commerçants et des amateurs de clinquant : la combinaison de tous ces genres sur le marché fait que c’est parfois la loi de la jungle. C’est comme ça.

 

   

Le succès commercial n’est-il alors pas liée à la qualité ? Si, mais pas obligatoirement. Quelques opinions personnelles ? FH (restons-en aux initiales, par charité) qui pratique surtout l’art du marketing, VB dont les vidéos aussi immobiles que chères, S dont peu comprennent qu’elle ait eu une expo en musée, NG qui nous enfume avec ses photos pornos privées, etc, etc. Nous n’empêchons personne de s’intéresser au cirque ou au "people", mais nous contestons à ces acteurs la qualité d’artiste.

 

Comment détecter ces faiseurs ? D’abord il y a le coup de coeur, c’est primordial ; sinon recherchez la démarche de l’artiste que vous supputez creux, car elle est peut être intéressante, ou sa recherche reste encore maladroite, inaboutie ; avant de juger : prenez de la marge, essayez de comprendre sa position dans le contexte présent, sa place dans les inévitables phénomènes de mode, renseignez-vous sur son parcours, sur l’évolution de son style ; lisez, lisez ! Si l’artiste n’est pas trop récent, voyez l’évolution de sa cote, c’est un indice (mais pas une preuve sauf s’il n’est plus très contemporain). Enfin si vous ne trouvez toujours pas quelque chose à quoi vous accrochez, après réflexion, renseignements et avis divers, eh bien, peut-être qu’effectivement...

 

 

c’est du "business", l’art rime avec dollars !

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Oui. Et alors ? A part les bidons, les suiveurs de mode et autres copieurs, les artistes authentiques et de qualité n’ont-ils pas le droit de réussir et de s’enrichir ? Est-ce différent dans d’autres métiers ?

 

Rappelez-vous que Dali, dont personne ne nie le génie (qu’on aime ou pas), avait les dents qui rayaient le plancher, allant jusqu’à signer des feuilles blanches avant leur impression... André Breton l’a d’ailleurs surnommé ’"Avidadollars", son anagramme parfait ! L’avidité ne dégrade pas toujours la qualité.

D’ailleurs Breton était un "tueur" radicaliste,

peu avide d’argent mais de célébrité, c’est pas mieux...

 

 

 

  Laissons donc ce mythe romantique de l’artiste misérable errant sur le chemin d’accès honnête à la gloire... posthume, cela appartient à la religion, pas à la réalité. L’art est intégré à notre société, qui est commerciale, donc l’art est commercial ; d’ailleurs il en a toujours été ainsi.
Mais ceux que cela gêne peuvent s’intéresser au foot…
 

 

Finalement, que cela ne vous dérange que peu, car vous pouvez actuellement, plus facilement qu’avant, acquérir des œuvres peu chères, de qualité, par de multiples canaux (voir où acheter).

 

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