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monotype et série : numéroter 1/1 un monotype est-il une manière d’indiquer que l’œuvre appartient à une "série", comprenant des œuvres très approchantes et différenciées par des détails ? Si monotype il y a, dois-je obligatoirement le numéroter 1/1 ? soyons clairs : > savoir si c’est un monotype ou non dépend uniquement du tirage : s’il n’y a qu’un seul, unique, c’est un monotype (ce qui implique qu’il n’y en aura jamais d’autre tirage) ; s’il y a plusieurs exemplaires, ce sont des multiples > les oeuvres d’une série ne sont pas différenciées par des détails, ce sont des oeuvres distinctes devant se placer au sein d’une démarche cohérente précise ; exemple simpliste : une série "fleurs" comporteraient une photo "crocus", un photo "roses", etc ; des oeuvres différenciées par des "détails" sont plutôt des multiples, comme par exemple les lithographies qui sont faites une par une ; lorsqu ’un artiste sérieux fait des séries, ce n’est pas pour raison de rentabilité mais pour une cause artistique. Un monotype se numérote bien 1/1, une série se numérote "série Fleurs, 3/8" par exemple. attention : pour ce type de questions et pour un cas spécifique, une étude plus approfondie peut être faite par Almanart : voir nos services
comment être assuré qu’une oeuvre en "original" ne sera pas réutilisée pour un second tirage sauvage ultérieur ? seules trois options sont sûres : > la destruction de l’oeuvre mère (négatif, fichier, plâtre, matrice...), certifiée ou constaté par un tiers (c’est rare, d’où un doute constant de l’acheteur...) > sa conservation dans un lieu tiers, hors de portée des descendants (aussi rare...) > la tenu d’un catalogue raisonné dûment documenté ; c’est ce que font ou devraient faire tous les artistes et éditeurs... Vous comprenez que la triche est facile, même si elle ne porte pas son nom, surtout pour les fichiers parfaitement reproductibles et jamais protégeables complètement ! Cela étant l’honnêteté existe aussi, et l’émission sincère d’un certificat par l’artiste ou son marchand est une procédure assez sûre et indispensable.
qu’est-ce qu’on appelle en photo un "tirage d’exposition" ? S’agit-il d’un original ou d’une copie ? eh bien, nous l’ignorons... peut-être que cela fait partie des appellations bidons destinées à valoriser un tirage, du genre tirage de pigeon, vous voyez ? Sauf si un certificat vous assure que ce cliché a déjà été présenté dans une exposition, auquel cas ce n’est intéressant que si la dite expo. est prestigieuse et/ou ancienne ; pour un original comme une copie. Car une oeuvre qui a fait un salon important peut parfois se voir valorisée.
le tirage est-il indépendant des dimensions et du support (exemple : 12 tirages 40x40 papier + 12 tirages 60x60 toile de la même oeuvre, ce qui serait une façon de détourner la limite du tirage) ? Car l’oeuvre ayant été tirée en "original" pourrait être réutilisée pour une autre exploitation commerciale (soit une série différente, soit pour la presse, etc) la règle d’originalité est indépendante du support. Un seul format est en règle générale prévu par l’artiste ; s’il en prévoit plusieurs avec par exemple de petites différences au sein de l’image, avec des tirages chaque fois limités à 8 +4 pour augmenter les ventes, on est à la limite de la manipulation malhonnête et la valeur à long terme peut s’en voir dégradée ; et puis tout fini par se savoir... Attention aussi aux tirages soit disants limités et en fait déclinés à plusieurs formats différents de la même oeuvre, procédé utlisé par les chaînes de magasins spécialisés en photos : certes, l’artiste est libre d’utiliser ses images sur d’autres supports et dimensions pour en faire la promotion ; mais évidemment ce ne sont pas toutes des oeuvres d’art et les signer reste sans valeur, sauf amicale (dédicace à un ami, par exemple). Cela étant, tout est relatif : si l’artiste n’est pas coté, ou coté bas avec peu de chance d’être vraiment connu, et que le prix est bas, l’acheteur peut être souple sur la notion d’originalité ; bien entendu le tirage doit rester raisonnable et être clairement numéroté. Enfin, un tiers (descendant, agent...) ne peut dénaturer une oeuvre : si elle est prévue en 40x40, la tirer en 30x30 sans l’assentiment de l’artiste s’appelle faire un faux, quel que soit le contrat passé, sauf s’il est clairement stipulé que c’est une copie autorisée : alors ce n’est plus une oeuvre d’art du tout, mais une image de l’oeuvre.
une signature est-elle obligatoire, pour les oeuvres uniques comme les multiples ? Signer au dos a-t-il la même valeur ? d’abord l’artiste est toujours libre de signer ou non, à lui de prendre le risque. ensuite la signature n’a rien à voir avec le tirage ; signer une pièce unique ou un multiple la valorise car c’est une certification d’authenticité par l’artiste. Une oeuvre peut très bien être signée au dos ou n’importe où. Mais, artiste, prenez une double précaution : mentionnez dans le certificat accompagnant l’oeuvre l’endroit où elle est signée, et gardez la visibilité de la signature (ne pas devoir démonter une oeuvre ou son cadre pour la voir).
pour des artistes incapables majeurs ou ne souhaitant pas gérer eux-mêmes leur travail, quel est votre avis sur la qualification de leurs oeuvres faites au sein d’une institution (est-ce classé "oeuvre collective" ou "de collaboration" ?) rappel général : voir le droit d’auteur qui se divise en droit moral et d’exploitation, et aussi oeuvre collective et de collaboration ; et aussi : > le droit d’auteur est attribué à tous, "déficients" inclus ; mais l’auteur peut céder son droit d’exploitation à l’établissement qui l’héberge : mais comment vérifier qu’il n’y a pas été obligé ? > ce droit est lié à l’oeuvre originale : lequel dépend de l’authenticité de l’oeuvre, donc de sa reconnaissance et là, il y a un flou juridique car... il n’y a pas de définition formelle ! Par ex : l’authenticité n’est pas forcément liée à la présence ou l’absence d’une signature (qu’un déficient pourrait omettre ou ne pas savoir l’écrire) ; voir : "Les Echos" du 17/05/06 > cela dépend aussi des conventions entre l’artiste (ou sa tutelle) et l’établissement, pour régir le droit d’exploitation ; ces conventions peuvent permettre d’exposer, d’exploiter les oeuvres mais l’auteur peut s’y opposer ; bien sûr il faudrait pour cela qu’il soit en mesure de le faire physiquement et psychologiquement : cela revient à discuter des droits et devoirs de la tutelle > une oeuvre de collaboration dépend de son mode de fabrication et non de la manière de l’exploiter > par contre le contrat peut prévoir que l’oeuvre soit collective si elle est initialisée, réalisée en partie par l’établissement ; mais le ou les artistes qui y contribuent gardent leurs droits propres (pour autant que leur participation puisse être identifiée) > considérez aussi que sans l’aide d’un établissement, ces artistes n’existeraient pas car seraient invisibles !
pour illustrer un livre d’art ou un livre d’artiste, le photographe doit-il proposer plutôt des photos numériques ou argentiques ? réponse des Editions La Martinière, n °1 de l’édition des "beaux-livres" en France (voir notre interview) : beaucoup de photographes continuent de travailler en Ekta, donc en argentique, mais cela n’a pas d’importance primordiale pour nous ; il y a des traditionalistes qui ne travaillent qu’en argentique et qui continueront, mais tous nos grands albums actuels et futurs sont prévus avec du numérique. Mais il y a un problème avec le numérique : nous sommes parfois gênés au stade de l’impression lorsque l’auteur n’est pas là pour surveiller comment l’imprimeur va interpréter le fichier numérique ; par exemple un gros problème de contrôle des couleurs survient quand on reçoit une photo des USA sans tirage papier servant de référence
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