le monde de l’art n’est (toujours) pas sérieux en 2010...
les nouveautés sont placées juste ci-dessous (chrono inversée)
> soumettez-nous vos perles ![]() |
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> interview sur le Crédac [Magazine, 1er sem 2010] : "nous avons une des salles les plus sublimes d’Ile de France !" ; cette courageuse institution de découverte d’artistes émergents est, elle, immergée dans un ancien cinéma en sous-sol d’Ivry banlieue rouge vif, introuvable dans un environnement stressant et boursouflé d’un architecte utopiste des 70’s (les meilleurs années de l’architecture française...) nommé Renaudie, que l’interviewée pourtant estime : "cette architecture est faite pour que quiconque y trouve place, y compris les clochards... aujourd’hui on commence à prendre conscience de sa qualité..." : un propos d’actualité !
Comment s’appelle son futur site web ? Internet Royal Garden !!! Ouahhh, 100% virtuel off course...
> à suivre...
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> ...clame l’inénarrable Benjamin Vautier qui, lui, nous rem-plie de joie et nous pouffe de sous-rires, que ce soit à son exposition chez Lara Vincy Paris ou à sa grande rétrospective au MAC de Lyon > mais ne résumons pas ce grand artiste à ces aspects volontairement bouffons : il a un regard aigu sur l’art et ses mises en scène théâtrales sont très travaillées ; l’humour dissimule une critique pointue > Ben est né à Naples, il vit et travaille à Nice : des dispositions pour un regard ensoleillé ; il créé en 1958 un Laboratoire-galerie comme espace de rencontre et y commence ses peintures-écritures ; une implication dans Fluxus lui confirme son esprit d’ouverture, que traduit son extraordinaire site web ; il devient célébre lorsque sa Boutique (une grande installation en forme de cabane) entre en 1977 au Centre Pompidou ; il est représenté à Paris par la galerie Lara Vincy
Ben, L’art me fait rire, 2010 |
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> pas trop marrante le poisson cru 2010, rien en ligne, sauf ... almanart (c’est nous !) qui a diffusé cette nouvelle mesure prise en faveur des plasticiens :
"notre cher Ministère (certains disent beaucoup trop cher) vole au secours des peintres, s’inspirant du New Deal américain de 1933 qui, après la grande dépression, donna des missions utilitaires publiques aux artistes en nécessité ;
ainsi le décret JO-0145AB2010 a-t-il créé dès le 01/04/2010 une mission pour rénover la Tour Eiffel par des peintres au chômage ; comme ceux-ci auront le choix des couleurs ils pourront donc amener leurs assistants émigrés, les brosses étant fournies par le corps du balais de la Ville de Paris"
what’s new chez les people’s ?
> Damien Hirst : > les gamins Jack Dordsey et Mark Zuckerberg... > à suivre...
John Crash, What’s New ?, 1989 (courtoisie gal.Addict) |
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Quelle relation entre l’intoxication alcoolique et la poule faisane ? La classification, répond Marco D. !
Marco Decorpeliada (1947-2006) le démontre magistralement à la Maison Rouge ; cet artiste "brut" en résistance contre son traitement psychiatrique, a créé une série d’oeuvres appelées Schizomètres, bien dans l’esprit Oulipo (une branche littéraire de la pataphysique) et à la manière de Marcel Duchamp, cet humoriste qui fut admis au Collège de Pataphysique (1959) au rang de "transcendental satrape" et Maître de l’Ordre de la Grande Gidouille [Hervé Le Tellier].
Le décor posé, accrochez-vous un peu, c’est intello mais un régal :
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exemple de Schizomètre, vers 2005
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> si les lois de la physique sont immuables, les scientifiques ont montré l’existence de perturbations, comme le principe d’incertitude d’Heisenberg en mécanique quantique |
Il a produit des "oeuvres singulières" en relation avec le diagnostic en psychiatrie par lequel il a été personnellement malmené [dossier de presse] ; pour se dérober à cet étiquetage qui l’a emprisonné, il est parti d’un clinamen particulier :
> la numérotation du système de classification psychiatrique (DSM), construit dans les termes du Decimal Metric System (DMS) ; notez en passant l’anomalie qui perturbe l’ordre des lettres DSM et DMS
> et sa correspondance avec les codes, identiques, de produits Picard Surgelés ; par exemple à : "42.0, Trouble obsessionnel compulsif", l’artiste répliqua : "42.0, Carottes en bâtonnets cuites vapeur" !
Cette pirouette libératoire, désopilante par ses ambiguïtés sémantiques, lui inspira différents Schizomètres mettant en rapport ces deux systèmes de classification, par exemple celui-ci (clic=zoom) :
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Calssification, 2006
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Marco Decorpeliada a revendiqué dans son journal le caractère oulipien de sa démarche, citant un extrait de Penser/Classer de Georges Pérec : "tellement tentant de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique… ça ne marche pas, ne marchera jamais".
L’artiste exploite aussi un autre clinamen de type laspus, appliqué au mot classification, qui passe à calssification donc à calcification, qu’il a traduit artistiquement par cette dernière oeuvre grotesque (ci-contre) qui, hasard ou malice de mise en scène, fut adossée à une porte "sans issue" du Centre d’art. |
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