investir en art : les risques de base

 

attention : pour investir en crise économique, voir ici !

 

En période normale, investir dans l’art contemporain : est-ce risqué, y a-t-il des pièges ? Comment interprêter les informations ? Quels sont les réflexes à avoir ?

 

les risques de base :

> voir aussi :
le risque fiscal
> accueil d’Almanart > sommaire de investir

> réagissez à cet article

 

 

 

 

l’art, un domaine toujours bien identifié ?

L’art moderne et contemporain est encore assez bien identifié aujourd’hui, mais demain et surtout après-demain qu’en sera-t-il, par rapport aux autres domaines de la culture ? Même la définition "art contemporain" devient floue ; est-ce un simple produit de luxe avec les mêmes réactions du marché ?

> la tendance artistique est de faire tomber les frontières entre art plastique, design, cinéma, architecture, danse ( !) et certains artistes depuis Rauschenberg se font un plaisir de tout mélanger ("tout est art" dit Ben et Koons le maître du kitsch le démontre volontiers) : ne vont-ils pas finir par tuer la poule aux oeufs d’or ? Le collectionneur aime-t-il autant le désordre ?

> la progression de l’intérêt pour l’esthétique en tous domaines (mode, médias, habitat, art…) provoque une inflation d’acteurs intervenant sur le marché ; l’art pourrait y perdre sa particularité et s’y noyer : Yves Michaud parle d’une "dysneyisation de l’art contemporain" [l’Art à l’état gazeux, essai sur le triomphe de l’esthétique, Stock, 2003]

> la concurrence entre domaines d’art ou connexes (tableaux, photos, vidéos et aussi design, montres...) est un risque pour l’investisseur de dispersion, de difficulté de choix par exemple entre l’art et le design, qui lui ferait hésiter entre plusieurs collections ; cela existe aussi bien dans le haut de gamme que le bas avec la généralisation des "collectors" de n’importe quoi

> l’art est devenu un vecteur de l’industrie du tourisme : "les musées s’étendent, que va-t-on y mettre ? qu’importe…" [Alain Bois, historien, JdA 267] ; voyez ce spectaculaire musée d’art Guggenheim de Bilbao, presque vide mais qui attire les foules car il est un but touristique original : où est l’art ? Juste dans l’architecture ? La popularisation n’a jamais été un bon facteur de rareté

> la lente, malheureuse mais sûre perte du caractère unique de l’oeuvre d’art est le risque le plus élevé de nuisance à la rareté : autrefois l’éthique de l’artiste comme les procédés de duplication techniques (impression...) ou artistiques (lithographie...) limitaient naturellement les tirages ; ce n’est plus le cas des fichiers numériques, duplicables à l’infini sans la moindre altération et printables à haute qualité ; d’ailleurs la génération montante semble peu gênée par l’achat d’un exemplaire issu d’un tirage élevé. Démonstration est faite en photo : des collectionneurs prudents s’attachent plus aux vintages qu’aux tirages contemporains, à l’opposé quelques imprudents paient une image dupliquée au prix d’un tableau unique, prenant un risque financier déraisonnable

 

le passionnel

 

> dans tout domaine d’investissement un risque élevé se manifeste dès lors que le passionnel prend le pas sur le rationnel ; or collectionner l’art est l’exemple même d’un mixe confus entre passion et raison (cela s’appelle aussi le plaisir, mais c’est un autre débat)
C’est une des raisons qui fait qu’en salle de vente le prix est parfois plus élevé qu’en galerie.
Peut-être faut-il s’en réjouir !

Le point de vue de Laurent Godin,
galeriste à Paris :


"l’idée d’investissement est toujours omniprésente mais le devient trop, cela mène à des abus ; de toutes façons le retour est long (ce que l’époque n’admet pas bien) ; pour moi l’essentiel est plutôt le regard qu’on porte sur les oeuvres, et que les gens achètent les artistes en lesquels ils croient"

 

 

la cote est-elle une bonne référence ?

Oui, la cote vous permet d’évaluer le prix approximatif d’une oeuvre, mais dans certaines conditions seulement :

 

> contrairement à ce que l’on dit en langage courant, il s’agit de la cote d’une oeuvre et non pas celle d’un artiste ; car les oeuvres d’un même artiste peuvent varier (à critères techniques égaux) de +/- 30% !

> pour un même artiste les critères techniques interviennent de manière prépondérante, avec des différences de 1 à 1000 : voir notre échelle

Les conseils de Martin Guesnet,
Directeur de l’art contemporain chez Artcurial :


"collectionner l’art est un investissement total :
intellectuel, en temps, en argent !
"

voir son interview passionnant

 

Il existe des bases de données spécialisées en art moderne et contemporain, qui vous informent de la cote d’un artiste sur le marché à un moment donné ainsi que son évolution. La n°1 mondiale est ArtPice (société française s’il vous plait) qui est accessible à tout le monde en proposant des formules complètes pour les investisseurs institutionnels, mais aussi d’autres très accessibles au collectionneur particulier.

  Si vous envisagez un achat, prenez un peu de temps de réflexion (c’est toujours possible avant une vente, en la préparant à partir du catalogue) vous pourriez mieux négocier une oeuvre en sachant sa cote et son évolution pour quelques dizaines d’Euros.  

Aucune base n’est gratuite, vu l’énorme recueil des données des ventes mondiales ; la n°1 mondiale est la française ArtPrice, la plus sûre et la plus complète. Elle comprend pour l’amateur occasionnel une formule à court terme bon marché.

> rappel : la cote est un indicateur ne concernant que le second marché ! (explications)

 

 


   voir aussi :
 - les services proposés par Almanart
 - l’optimisation des investissements en art
(informations sous toutes réserves) > haut

 



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