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| Acheter de l’art concrétise notre passion, certes, mais comme l’effort financier est important, sinon exceptionnel, nous avons en arrière-pensée la valeur patrimoniale de l’acquisition. En cette période de boom sur l’art vous voudriez en être mais... est-ce trop cher, rentable, risqué... en quoi devriez-vous investir ? |
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Luxe, art et volupté...
En art il y a deux étages, comme dans la mode où il y a haute couture et prêt-à-porter haut de gamme : les habitudes diffèrent même si le premier sert de locomotive au second. C’est le second étage qui nous intéresse, le créneau d’achats entre 2’000 et 20’000 €, coeur du marché du luxe et de l’art en France.
L’art est-il un luxe, suit-il les mêmes lois ? Selon les sociologues, la consommation de luxe et celle d’art se rapprochent et se confondent pour un prix d’entrée de 2’000 € (étude Arprice 2003) ; bien que le luxe procède par réduction sélective d’objets industriels et qu’une oeuvre d’art soit une pièce unique qui parfois se multiplie, les deux démarches antagonistes se rejoignent.
"L’art est ce qui reste quand la religion a disparu" disait Malraux, donnant aux oeuvres d’art la mission d’élévation intellectuelle que la religion perd ; l’art deviendrait le super luxe d’une élite fortunée et intellectuellement supérieure. A notre époque hyper médiatisée, les acteurs de l’art véhiculent cette image, alors intégrer cette catégorie devient la motivation de chacun, concrétisée par l’acte d’achat. L’effet pervers est cette inflation galopante des prix d’oeuvres qui, parfois, apportent peu d’élévation intellectuelle…
Mais l’important est ce point commun : un bijoux, une Porsche, une oeuvre d’art avant tout font plaisir !
Si les VIP internationaux, les musées, forment un club peu sensible aux questions contingentes et quoi qu’il arrive enrichissent leurs collections, les jeunes acheteurs, les collectionneurs d’oeuvres plus abordables s’interrogent sur l’opportunité de céder aux sirènes de l’art sur le plan patrimonial.
Comme la demande est forte, le nombre des transactions augmente, tout comme le nombre d’acteurs (artistes, prescripteurs, vendeurs, acheteurs) ; alors comme dans tout marché actif les prix montent. L’achat plaisir ne peut plus être dissocié de sa question sous-jacente : est-ce un bon investissement : valeur pérenne, plus value potentielle, bien à transmettre. Pour cela comme en bourse, il faut savoir évaluer le bon prix d’achat d’une oeuvre d’art et rêverà des espoirs de plus value.
Remarquez les crises boursières et pétrolières entament peu la sérénité des acteurs du luxe et de l’art, sauf une petite dépression entre 92-95 après les folies des années 80, lissée par le marché international. La récente crise des subprimes US laisse presque indifférents les acteurs du luxe et de l’art ; une analyse du Journal des Arts de septembre 2007 (n°264) montrait que l’art semble détaché du marché boursier et immobilier mais sans conclure car son volume est un milliard fois plus faible.
Mais ici encore distinguons les VIP des autres. Les uns sont insensibles aux crises économiques alors que le luxe et l’art d’entrée de gamme y restent liés : dans ces cas tous veulent vendre et la cote des oeuvres non majeures chute faute de preneur ; seules celles de très belle qualité trouvent toujours leur marché, il faut donc avoir fait le bon choix.
En conclusion : vous, amateur moyennement fortuné et sage, vous n’aurez pas les yeux rivés sur des cotes qui ne vous concernent pas, vous fermerez vos oreilles et ouvrirez vos yeux, fuirez les modes déjà sur-développées, éviterez les arnaques (comme en photo), vous vous informerez, formerez votre propre jugement et vous ne vous découragerez pas car l’art présente cet immense avantage : vivre tous les jours au sein même de son investissement ! Essayez donc de vivre dans votre coffre bancaire !
D’abord gardez en référence cette pente de 15% de l’indice général, pour comparer l’évolution du genre ou de l’artiste que vous envisagez : supérieure, son risque de surcote est déjà fort, inférieure son potentiel est peut-être intéressant. Mais cette méthode est approximative que celle de l’analyste boursier qui raisonne sur les pentes qu’il trace sur son écran sans considérer les entreprises qui constituent son portefeuille... Voyons quelques exemples de genres.
L’art indien ? Oui, il est encore abordable car s’il démarre fort, cela se limite à une poignée de vedettes (comme la star Subodh Gupta qui est déjà entre 40 et 150’000 €) : c’est donc le dernier moment, ça monte trop vite.
Ne regardez pas si loin !
Voyez les artistes français :
Côté seniors par exemple la Figuration Narrative ou les Nouveaux Réalistes sont des valeurs montantes à bon potentiel la double vente Artcurial d’octobre 2007 vient de le démontrer, où figurait notamment la Figuration Narrative : une toile de dimension moyenne et récente de Gérard Fromanger, co-fondateur du mouvement, n’est cotée environ que 10’000€ (valeur qui montera surement) ; voir aussi les conseils d’almanart.
Côté juniors matures (tout de même 35-45 ans) d’excellents artistes décomplexés ont émergé ; sachez les reconnaître ! Exemples : voici deux artistes de qualité ayant une trajectoire parallèle, sur des territoires différents, qu’un investisseur qualifierait en termes boursiers : l’un de "valeur à risque mais à fort potentiel", l’autre de "valeur sûre en évolution" :
![]() |
ST, 1998, 60x80x15, papier de soie, pigments, sculpture-installation ; |
> Claudine Drai, artiste mystique, travaille le papier, la soie, les pigments, l’écriture... pour sonder par des installation délicates les mystères de la vie ; elle a commencé à se faire connaître en France puis est partie quelques années au Japon où elle a eu un grand succès ; pour elle aussi son retour en France a débuté par une longue attente (elle dit "réflexion"), qui s’est soldée en 2004 par sa représentation par Jérôme de Noirmont, galerie de tout 1er plan ; sa cote a alors marqué une forte hausse qui ne demande qu’à s’affirmer. |
Et puis il y a des situations exceptionnelles à très fort potentiel ; voici un exemple peu ordinaire :
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l’Automne, du quadri- (courtezy ARE) |
> Amaranth Ehrenhalt est une plasticienne américaine splendide, de très haut niveau, maintenant âgée, représentante de l’expressionnisme abstrait américain (abstract expressionism) des années 60 aux USA, mais qui a eu la très mauvaise idée de venir en France vers 1970, quittant ses amis qui s’appellent… Franz Kline, Robert Motherwell, Sam Francis qui valent des millions de $ ! Elle ressortira sûrement, beaucoup plus haut, exactement comme George Condo qui, dans un tout autre registre, vient de revenir au top alors qu’il était peu visible pendant 25 ans. |
S’il y a des genres, des mouvements qui ont plus de succès, y a-t-il certaines techniques ou médias plus plus intéressantes pour l’investisseur ? Ici la prudence s’impose.
Par exemple comment expliquer l’envolée de la photo jusqu’en 2003 sans l’appui d’un marketing éhonté ? Y investir maintenant relève de l’accrobatie sans filet car, depuis, la valeur moyenne des photographes contemporains stagne ; quand les gens auront compris qu’ils achètent des multiples au prix d’oeuvres uniques, le soufflé retombera un peu (peut-être...).
Bon, alors autant carrément anticiper, dites-vous :
voyons le graffitisme !
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Bonne idée, mais faites vite, car négligé jusqu’en 2005 l’indice est parti en fusée. Si le nombre d’artistes cotés reste faible, il y a du monde aux portillons des quelques galeries spécialisées. |
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