|
"L’Art Nouveau" ou "Art 1900" ou "Modern Style" ou "Nieuwe Kunst" ou "Jugenstil" ou "Modernismo" ou encore "Style Nouille"... Cet art international de créativité et de libération a eu un fort impact sur la vie quotidienne des gens, de 1880 jusqu’en 1914 où la guerre l’a tué, avec les illusions romantiques qu’il transportait. Mais il est revenu plusieurs fois dans l’histoire de l’art moderne comme contemporaine et nous pensons qu’il va revenir encore, bientôt. ce délirant salon des années 70 est un descendant de "l’Art 1900"
|
ce menu est un festin : |
|
> accueil d’Almanart![]() |
> sommaire thèmes![]() |
|
L’Art Nouveau a plus d’un siècle, pourquoi en parler ici ? Pour bien des raisons : outre qu’il nous paraît actuel dans notre conjoncture de retour aux "valeurs" de l’art (esthétisme, histoire, relation entre art et vie…), il trouverait sa place dans notre discours écologiste et de protection de la nature, comme dans le désir de survivance de l’artisanat face à l’industrie. Et historiquement nouveau car son concept comme son style étaient en rupture avec l’académisme drastique d’une époque où tout était codifié, de la façon de peindre à la dimension du chapeau.
Hector Guimard, fauteuil, 1903, poirier, cuir
|
Mais s’il était une libération de la création et de la pensée, l’Art Nouveau était très concret : il a plus touché les domaines de la vie quotidienne que le monde de l’art ; les peintres, eux, vivaient leurs propres révolutions chez les symbolistes, fauves, impressionnistes…, bien qu’il y eut des liaisons entre les styles comme les Nabis le montrent et que la Sécession viennoise ait inclus des peintres et des sculpteurs.
|
L’Art Nouveau a pour épicentre l’artisanat d’art qui va révolutionner aussi bien l’architecture intérieure et extérieure, le mobilier et la décoration (le terme "design" n’existait pas), les ustensiles et tissus, le graphisme et l’illustration (livres, presse, publicité…).
Auguste Jean, vase, verre émaillé, env1885
|
Le saviez-vous ? l’appellation Art Nouveau vint de la galerie éponyme qu’ouvrit fin 1895 le parisien Siegfried Bing qui, après avoir visité les ateliers de Louis Tiffany à New-York en 1884, devint le distributeur exlusif en Europe du Verre Tiffany.
l’Art 1900 voit ses prémices un demi-siècle avant le tournant du siècle :
|
> en Angleterre, le mouvement mystique Préraphaélite fondé en 1848 rêve déjà aux principes du Moyen-Age ; puis William Morris fonde Arts & Crats en 1861, qui met au même niveau hiérarchique artisans et artistes et proclame "l’art est dans tout" ; Charles Rennie Mackintosh l’applique à Glasgow vers 1890 pour l’architecture et la décoration ; à New York Louis Comfort Tiffany, influencé par Arts and Crafts, invente en 1885 un procédé pour fabriquer des verres opalins.
Louis Confort Tiffany : vitrail, vers 1900
|
|
> en France l’Art Nouveau et le symbolisme (1850-1910) s’influencèrent ; d’abord mouvement littéraire il s’étend à tous les arts, notamment par les peintres qui se côtoient à Paris : Gustave Moreau, Odilon Redon, James Whistler, Alphonse Osbert, Ferdinand Hodler, Léon Spilliaert pour les plus connus, auxquels on peut ajouter les Nabis.
Odilon Redon : Ophelia, pastel, vers 1900
|
l’Art Nouveau atteint son apogée vers 1890, en architecture et décoration :
|
> à Bruxelles l’architecture nouvelle triomphe avec Victor Horta, tard (1892) mais avec un génie inégalé > ainsi qu’à Barcelone avec Antoni Gaudí, qui fonde le Modernisme proche de l’Art Nouveau vers 1889
Victor Horta, 3è étage de la maison de Horta, Bruxelles
|
|
> à Vienne, centre d’une vie culturelle intense orientée vers le renouveau, l’architecte Otto Wagner s’exprime dans ce style dès 1880 ; plus tardive, la Sécession viennoise fut fondée en 1897 avec des peintres comme Klimt, Schiele, Kokoschka, Moll, Moser… qui ont créé leur propre palais d’expositions > à Paris d’audacieux architectes érigèrent non seulement des hôtels particuliers et immeubles sur commandes, mais des aménagements urbains, le plus célèbre étant Hector Guimard qui a conçu plus tard (1900 et 1903) les fameuses entrées du métro de Paris > mais c’est en décoration et à Nancy qui va se créer le plus bel Art Nouveau français par les frères Daum, Jacques Grüber, Louis Majorelle et Emile Gallé ; le coup médiatique fut l’Exposition universelle de 1889 où nombre d’eux furent médaillés, mais l’ École de Nancy ne fut créée qu’en 1901. Hector Guimard entrée du métro Porte Dauphine à Paris |
Le couronnement de l’Art Nouveau fut l’Exposition Universelle de Paris de 1900, où tous les pays rivalisèrent ; elle contribua à l’instituer comme mode populaire, premier signe du déclin.
|
Quelques-uns ont été précurseurs : > Maurice Denis, qui fut ensuite co-fondateur des Nabi > James Whisler (américain arrivé à Paris en 1855), pose vers 1870 quelques bases de l’Art Nouveau : les ornements, la nature, les femmes, la fusion du motif et du décor |
James Whisler Symphonie en blanc n°3,
|
|
D’autres ont fondé des mouvements forts (déjà cité), notamment : > Gustav Klimt, membre de la Césession, et ses femmes fatales présentées sous couvert de déesses > Odilon Redon, membre du symbolisme, et ses tableaux oniriques et hiératiques
Gustav Klimt, Salomé : Judith & Holopherne 1903
|
Un artiste très en vue fut Alphonse Mucha, illustrateur symboliste aimant les représentations idéalisée féminines et leur implantation dans un milieu floral ésotérique et imaginaire, où se mêlent leurs cheveux :
|
Une rareté : |
Alfons Mucha, menu du Pt Félix Faure sur broderie, 1898
|
|
Alfons Mucha, affiche publicitaire pour Job, litho, 1897
|
Quels sont les traits esthétiques qui permettent de le reconnaître ?
Albert Turbayne affiche pour Peacock, litho, 1903 (courtoisie musée Chemnitz)
|
> les lignes courbes, comme une protestation à la rigidité de l’époque ; ce retour au gothique flamboyant s’inspire des décors floraux moyenâgeux > la référence au monde végétal (chardon, plantes vertes intérieures, nénuphar…) et au monde animal (libellule, papillon, et… surtout la femme !) > la fusion motif et décor, dont les lignes s’enroulent comme une fumée, se mêlant à une chevelure d’une femme, dont les couleurs respectives se confondent > les matériaux nouveaux comme l’acier et le verre qui se marient avec les matériaux naturels (bois, pierre) ; ce fut une époque très riche en procédés de fabrication artisanale : cristal, vitrail, ferronnerie, ébénisterie, papier-peint, typographie… |
Ce style allie volontiers la sensualité féminine aux formes végétales, de sorte qu’il fit scandale au départ.
|
Tous ces créateurs novateurs entraînent dans ce style d’autres métiers comme des illustrateurs, graphistes, tapissiers et des couturiers comme Jacques Doucet et Paul Poiret ; cette transversalité artistique est amplifiée par le caractère international du phénomène. Mais "cette vulgarisation rapide du Moderne style, à partir de l’abus de formes végétales et féminines, fini par déboucher sur une forme de kitsch" surchargé [DP de Donation Rispal, Orsay, nov 2009]. |
L’arrivée de la Grande Guerre mit fin à cette dérive car, dès 1920 le style Art Déco (ou "Art 1930") qui suivit prône exactement l’inverse de l’Art 1900 : la rigueur de la ligne droite, la simplicité des surfaces lisses et vides, la pureté des matériaux dépourvus de décor.
Par sa dimension d’art total et international, l’Art 1900 a frappé les esprits au point d’influencer les artistes qui lui sont postérieurs, ceci plusieurs fois dans l’histoire récente de l’art ; notamment...
Carlo Mollino bureau en contre-plaqué cintré, 1950
|
...l’exposition passionnante du musée d’Orsay d’octobre 2009 à février 2010, a rappelé d’une manière magistrale le "Revival" de l’Art Nouveau : > déjà l’Art Déco de 1920-30, bien que ses principes aboutis allaient en contraire, s’inspira partiellement d’un Art Nouveau dépouillé > vers 1950 : dans la mouvance de la naissance du design, la simplicité courbe des meubles en bois lamellé collé de Alvar Aalto est aussi un rappel |
> les années psychédéliques 70’s reprirent abondamment les motifs floraux 1900 en les transposant volontiers dans le domaine... de la fumée ; la superbe collection de pochettes à vinyls de l’exposition montre surtout que la technique de la sérigraphie avait suffisamment évolué pour utiliser des couleurs stables très vives :
Bonnie MacLean, affiche pour le concert The Yardbirds, 1967, sérigraphie
|
| Zoom no3, Catherine Jourdan par Jean-Francois-Bauret, 1970
|
|
> à Paris le Musée d’Orsay, spécialisé dans les années 1848 à 1914, abrite des collections magnifiques d’Art Nouveau, dispersées dans plusieurs parties selon qu’elles soient peintures, mobilier ou objets
Charles-Guillaume Diehl, table à ouvrage, 1878
|
> le Musée des Arts Décoratifs de Paris, à côté du Louvre, opte pour la chronologie, ce qui a l’avantage de grouper toutes les formes d’expression et permet de créer des ambiances significatives de l’universalité de l’Art Nouveau, notamment par ce Salon de Bois extraordinaire dont les composants -meubles, tapisserie, peinture d’Albert Besnard, bibelots- sont décrits ici :
Vever Paul & Henri, peigne, corne, or, perles, email, 1900 |
|
la Salon de Bois (courtoisie m.AD ) |
|
> Nancy est une destination particulièrement riche puisque pôle de naissance de cet art ; plusieurs lieux y concourent : - le musée de l’Ecole de Nancy situé dans la maison du mécène Eugène Corbin, restitue bien l’atmosphère de cette période |
Emile Gallé et verrerie de Meiserthal, Nancy, env1890, (courtoisie m.Orsay
|
> Bruxelles est un festival d’architecture moderne, dont Almanart propose un itinéraire ; notamment la maison de Horta y est incontournable
> à Paris, un lieu extraordinaire mais discret est abrité par la célèbre maison Maxim’s et son Musée Art Nouveau !
|
Cette collection exceptionnelle de qualité a été réunie par Pierre Cardin, qui a restitué sur deux étages les appartements fréquentés par les Dames de chez Maxim’s (les courtisanes de l’époque) qui vivaient luxueusement sur le dos (sic) de leurs très riches visiteurs ; ainsi vous aurez le sentiment de découvrir des lieux intimes ornés des plus belles pièces |
vue générale d’un salon |
Ce Musée Maxim’s est ouvert au public par des visites guidées à heures fixes, ce qui présente le double avantage de s’entendre conté d’une manière délicate et érudite l’histoire de ce lieu mythique, et de découvrir de tout près 600 meubles et objets ; en outre le petit salon de réception est orné de très intéressants dessins carricaturaux de Sem (époque d’entre guerres)
plus d’informations :
> les artistes du monde entier
> collection de cartes postales
> tout l’Art 1900
> l’Ecole de Nancy
> haut![]() |
|
Contact
|
Favoris
|
Aide
|
Lien coupé
|
Envoyez à un ami
|
RSS 2.0
10 newsletter/an, gratuit